Solitude
Face à l’apprentissage du monde, cette sensation nous envahit assez rapidement. Malgré les encouragements, les regards extérieurs, les attentes inespérées de compliments. Malgré nos tuteurs, malgré nos rustines, nous grandissons seuls face à nos choix, face à nos appétences. Libres ou forcés d’avancer.
J’aurais pu parler également de courage.
Ce courage qui nous fait souvent faux bond par peur du jugement, par peur incontrôlable de l’inconnu. Par peur d’être incompris. Face aux conséquences, face parfois à l’ancrage trop prude de ce que l’on nous a appris.
Oui, il faut du courage pour assumer qui l’on est, ou qui l’on aspire à devenir. À travers les épreuves, les remords ou les regrets de choix que nous imaginions trop risqués. Ce courage, même inspiré, reste propre à chacun. À cette exception qui nous anime, seuls et uniques. Coucher ces lignes, être lu, ne plus avoir honte, ne plus se cacher, s’accomplir, assumer… Autant de formes que prennent nos combats dans cette solitude intérieure.
Et alors peut-être cette inspiration, peut-être cette transformation, cet aboutissement, inspirera-t-il à d’autres, par son exemple, l’élan de ce même courage.
Comme un héritage qui, soudain, trouve un sens. Qui nous prouve à nous-mêmes que nous pouvons aller plus loin. Ou simplement aller jusqu’au bout d’un rêve que l’on croyait improbable.
« Dans la solitude, chacun est renvoyé à lui-même » Arthur Schopenhauer