Niouty Jane
Autrice | Saga Marianna
Billets d’écriture

Genèse

Fragments autour de ce qui précède l’œuvre : les premières traces, les imaginaires anciens et la lente naissance d’une romancière.

Le silence ne m’aime pas | Billet Genèse de Niouty Jane
24 août 2026 | Genèse

Solitude

Face à l’apprentissage du monde, cette sensation nous envahit assez rapidement. Malgré les encouragements, les regards extérieurs, les attentes inespérées de compliments. Malgré nos tuteurs, malgré nos rustines, nous grandissons seuls face à nos choix, face à nos appétences. Libres ou forcés d’avancer.

J’aurais pu parler également de courage.

Ce courage qui nous fait souvent faux bond par peur du jugement, par peur incontrôlable de l’inconnu. Par peur d’être incompris. Face aux conséquences, face parfois à l’ancrage trop prude de ce que l’on nous a appris.

Oui, il faut du courage pour assumer qui l’on est, ou qui l’on aspire à devenir.
À travers les épreuves, les remords ou les regrets de choix que nous imaginions trop risqués.
Ce courage, même inspiré, reste propre à chacun. À cette exception qui nous anime, seuls et uniques.
Coucher ces lignes, être lu, ne plus avoir honte, ne plus se cacher, s’accomplir, assumer… Autant de formes que prennent nos combats dans cette solitude intérieure.

Et alors peut-être cette inspiration, peut-être cette transformation, cet aboutissement, inspirera-t-il à d’autres, par son exemple, l’élan de ce même courage.

Comme un héritage qui, soudain, trouve un sens.
Qui nous prouve à nous-mêmes que nous pouvons aller plus loin.
Ou simplement aller jusqu’au bout d’un rêve que l’on croyait improbable.

« Dans la solitude, chacun est renvoyé à lui-même » Arthur Schopenhauer
Le silence ne m’aime pas | Billet Genèse de Niouty Jane
23 août 2026 | Genèse

Le silence ne m’aime pas.

Il est, comme l’ennui, la clé de mes voyages.

Ma vie est rythmée par sa musique. Chaque moment, chaque émotion, chaque personne possède sa propre playlist. Distillée au gré des années pour rappeler un instant, une portion de vie. Une naissance, un deuil, une inspiration…

Je me perds en musique. Et certaines mélodies animent en moi une telle profusion de vie qu’elles réveillent une créativité, parfois même tout un univers que j’avais oublié jusqu’alors.

Non, le silence ne m’aime pas.

Mais lorsqu’il m’enveloppe, le voyage n’est jamais loin. Soit c’est moi qui viens à lui, soit c’est lui qui m’habite.

Une douce folie que l’on tente de maîtriser. Une possession, peut-être. Un dédoublement. La présence de fantômes que l’on cherche parfois à faire taire. Souvenirs du passé, visions imaginaires ou simples constructions de l’esprit…

Et si notre regard était capable d’aller au-delà d’une simple loupe posée sur le monde ?
Chaque mélodie change le rythme qui m’anime, me transmet l’énergie nécessaire pour faire face. Alors je bouge. Je m’active, me dépense, parle beaucoup, occupe l’espace afin d’éviter les silences.

Parce que les laisser s’installer, c’est aussi les laisser percer mon énergie, s’accaparer mon esprit et me surprendre à parler seule, comme si je vivais déjà au milieu d’une toile fantasque et imaginaire.
Hantée par mes propres personnages.

Et pourtant, que j’aime ce silence lorsqu’il s’invite. Chaque nuit, chaque instant devient une grande contemplation. J’observe le théâtre du monde tandis que mon esprit en trace déjà ses propres scénarios.

Alors oui, chaque relation, chaque contact, chaque rencontre, chaque paysage devient un voyage volé.
Autant d’instants qui nourrissent mes observations, mes analyses et tous les scénarios possibles.
Jusqu’à faire de mon monde et de mon quotidien une scène vivante et constante.

« Savoir écouter, c'est posséder, outre le sien, le cerveau des autres. » Attribué à Léonard de Vinci
Le silence ne m’aime pas | Billet Genèse de Niouty Jane
31 août 2026 | Genèse

Nous ne sommes jamais la même personne au début et à la fin.

Le travail d’écriture est une transformation. Comme une quête de soi et de son accomplissement. Les premières phrases, les premiers mots ne savent pas encore comment ils vont nous traverser. Comment ils vont nous habiter. À chaque choix, chaque rebondissement, nous ouvrir une voie nouvelle.

Chaque page, chaque mot fait tressaillir nos émotions. De la puissance aux larmes, de l’émerveillement à la chute.

Chaque passage se grave. Tandis que notre plume ne cesse d’évoluer, de s’affirmer, de rencontrer ses personnages et d’en approfondir la maîtrise. Écrire jusqu’au bout. Ne rien lâcher. Sans avoir peur de quitter.

Comme si clore une histoire sonnait parfois comme un deuil. Le deuil d’une partie de nous, d’un monde que nous avons habité, d’une histoire qui nous a traversés.

Et si nous n’y voyions qu’une étape ?

Un horizon plus dégagé. Celui d’une volonté de ne pas abandonner, mais de faire vivre pour l’éternité ces entités qui nous traversent.

Continuer sa transformation, son affirmation et son devenir.