Niouty Jane
Autrice | Saga Marianna
Billets d’écriture

Ancrage

Des fragments courts, comme autant de jalons d’une histoire plus vaste : celle de la voix qui précède l’œuvre.

Le monde de l’auteur | Billet d’écriture de Niouty Jane
18 août 2026 | Ancrage

Le monde de l’auteur

Descartes avait déjà remué la question dans tous les sens : « Qui suis-je ? »

Je vous demanderais plutôt : que voulez-vous connaître de moi ? En tant qu’autrice, le suis-je déjà ? La question se pose sans équivoque. Lisez-vous des mots, des lignes, une histoire, des personnages… ou lisez-vous un univers, une plume, un monde intérieur ?

Chaque livre vous bouleverse, vous transporte, mais porte en lui une part de l’univers de son auteur. Alors, qui suis-je ? Et quelle est mon histoire, pour vous offrir bientôt le fruit de ma création artistique et de ce qui m’anime ?

Autant de mots et de phrases pour vous accompagner, pas à pas, vers ce qui a fait de moi celle que j’ose dévoiler aujourd’hui.

Un moi méconnu, souvent oublié et tu, mais pourtant présent depuis longtemps. Un moi qui réclame aujourd’hui son droit à l’existence.

Ancrage | Billet d’écriture de Niouty Jane
31 juillet 2026 | Ancrage

Ancrage !

Il existe dans nos vies des instants de respiration. Un souffle qui vient écrire, entre les lignes, ce vers quoi l’on tend.

L’inspiration : ce petit air léger qui traverse l'esprit sans prévenir, ouvre des chemins nouveaux, nous invite à sortir des cadres que nous pensions immuables.

Mais cette aspiration est aussi un besoin de socle, de soutien, de tuteur, de mentor… Une main qui nous rappelle d'où nous venons lorsque nos ambitions nous portent plus haut que nos certitudes.

La recherche d’identité est comme une brise, difficile à cerner, à capturer. Un chemin qui nous est propre et qui se devine aux étoiles si nombreuses qui animent nos regards. Comme un cerf-volant porté par des courants imprévisibles, elle est en perpétuelle dualité, réflexion et remise en question.

Nous avançons au gré des rencontres, des doutes, des remises en question. Nous empruntons des couleurs, des gestes, des valeurs à celles et ceux qui nous inspirent, avant de découvrir peu à peu ce qui nous appartient réellement.

Cette perte d’innocence, par le biais de la reconnaissance, est un puzzle complexe qui nous construit, une mosaïque de tout ce que nous avons aimé, admiré, rejeté ou dépassé.

Alors, pour tous ces repères, ces rencontres et cet ancrage, ce mélange de couleurs…

Merci.

Le monde de l’auteur | Billet d’écriture de Niouty Jane
25 juillet 2026 | Ancrage

Terrain de Jeu

Quand la vie devient un immense scénario, une toile vierge s'offre à vous.

Enfants, nous manipulons nos personnages, offrant un doux spectacle à nos tortures enfantines. On se raconte des histoires. Parfois, on rejoue celles que l'on nous raconte, ou celles que l'on pense vivre.

Bercés d'illusions, de rêves et de fins idylliques, nos récits empruntent, en grandissant, des chemins plus torturés, parfois plus barbares. Et on découvre bien vite que le rose, couleur de nos paysages d’enfance, habille finalement bien peu ceux de la vie.

Curiosité, ouverture, lectures… notre regard agrandit ce monde, le façonne et lui offre parfois l'occasion de devenir autre chose.

Les jouets, comme l'écriture, nous offrent alors un territoire singulier. Celui d'une liberté, d'une intensité émotionnelle et parfois même d'une utopie que la réalité ne nous accordera jamais.

Ancrage | Billet d’écriture de Niouty Jane
28 juillet 2026 | Ancrage

Observer le monde

Observer, apprendre, comprendre, visualiser, concevoir, reconstituer…

L’imagination peut aussi naître de ce que l’on regarde. N’avez-vous jamais rêvé en immersion ? En voyage, face aux vestiges d’un espace nouveau, d’une civilisation que vous admirez ?

Un pas, puis un autre, et soudain remonter le temps. Traverser deux colonnes. Franchir un vestibule qui, en apparence, n’est plus que terre et cendre. Et pourtant, par le seul biais du regard, voir les murs se redresser. Entrer dans une salle où la pénombre joue avec la lumière des torches. Les couleurs se devinent, se raniment. Les matières reprennent forme.

Et la toile devient parfaite. Unique.

Une bulle rien qu’à soi. Un instant suspendu entre ce qui existe encore et ce que l’imaginaire vient de rendre au monde. Observer le monde. Les lieux. Les gens.

S’arrêter un instant dans son propre silence, analyser un mouvement, une intention, un regard.

Observer. Puis écrire leur histoire.

Le monde de l’auteur | Billet d’écriture de Niouty Jane
15 aoüt 2026 | Ancrage

Le livre fenêtre sur le monde

On s’oublie.

Dans l’abondance de lectures, de connaissances, d’œuvres… Dans l’oisiveté de trop de découvertes et de splendeurs…

On se cherche.

On s’enferme un peu aussi dans cette observation intelligible du monde et de son fonctionnement. Épris de raison, on tente de l’expliquer et de le comprendre ou, au contraire, de se laisser immerger par une vision qui le rebâtit tel qu’on voudrait qu’il existe.

On s’invente un rôle, cherche sa place, dessine un avenir.

Quelle page écrire ? Quelle réalité choisir pour vivre et exister ?

Un savant calcul où le temps et la vie nous rattrapent et nous font souvent oublier nos fantasmes passés et autres rêves utopiques, fondateurs de nos espérances magiques.

Je me suis oubliée et tue pendant des années, rangeant dans une boîte mes histoires d’enfant. Laissant mes scripts prendre la poussière, jusqu’à en perdre mes tracés de fusain.

Camouflé, calfeutré, demeure pourtant ce socle fondateur qu’il ne faut, en aucun cas, oublier.

Ancrage | Billet d’écriture de Niouty Jane
20 août 2026 | Ancrage

Mimétisme

La vie est un perpétuel combat pour affirmer une existence, une place, un rôle, une utilité, ou simplement une identité. Le développement, l’éducation, l’acquisition de connaissances sont un long processus d’appropriation.

Le mimétisme, ou l’art de l’imitation selon Aristote, nous permet, à travers les modèles que l’on choisit, de devenir cette entité, cette unité que nous cherchons tous au plus profond de nous. La suite logique du « Qui suis-je ? » Ou plutôt : qui ai-je envie d’être ?

Nous n’imitons pas l’ensemble du monde, mais ceux qui nous inspirent. Dans notre posture, notre mentalité, nos réponses, notre accent… Nous sommes, à notre façon, un joli mélange de ceux que nous admirons.

En somme, un joli brouillon qui se cherche, parfois inabouti, abandonné… Un tracé qui se perfectionne, mais n’est jamais vraiment parfait. Une originalité dont nous sommes seuls capables de décider où s’achève la construction.

Peu importe le temps, la quête, les choix, les épreuves et les modèles qui nous façonnent. Nous sommes tout à la fois un bel éventail d’exceptions qui anime le monde de ses couleurs. Un héritage de ceux qui nous ont bouleversés, élevés et aimés. Un art vivant et unique qui singularise chaque création.

Et je pense qu’aujourd’hui, enfin, grâce à tous ces modèles, à ce savant mélange de couleurs, j’ai trouvé ma voix.

Le monde de l’auteur | Billet d’écriture de Niouty Jane
15 aoüt 2026 | Ancrage

L’écriture et la lecture sont deux termes indissociables.

Parce que pour écrire, il faut déjà savoir lire. Relire, déchiffrer, comprendre, interpréter. Et nous apprenons souvent à lire avant même d’écrire.

Extension naturelle de la parole, du son et de nos connaissances, l’écrit retrace les récits d’autrefois, les habitudes, parfois même nos propres mythes.

Nous lisons pour apprendre, nous approprier, comprendre, mais aussi pour nous évader. J’ai très longtemps lu. Je me suis noyée dans un océan de mots, de notes et de savoirs. Les mythes, les légendes, les classiques. Les mots selon les époques, les représentations sociales des temps anciens.

Puis j’ai ouvert les portes de la réflexion philosophique, parfois au prix de lectures difficiles qui exigeaient leur propre réflexion. Théâtre, poésie… Tout un fleuve de musicalités, de constructions et de styles ouvrant le champ des possibles et celui des interprétations.

Mais j’ai aussi trop lu. Par obligation. Par soif d’apprendre et de tout connaître. Par conseil, parfois par pression de réussite.

À force d’accumuler les versions, les visions et les explications, parfois très scientifiques, souvent dénuées d’imaginaire, j’en ai perdu quelque chose d’essentiel.

Le plaisir de lire. Cette rationalisation forcée avait sa nécessité. Elle m’a apporté des connaissances, des repères, une recherche de véracité. Mais elle a aussi, peu à peu, obstrué la porte de l’imaginaire et de l’évasion.

Cette douce folie d’appropriation et de magie que je retrouve enfin après tant d’années. Je garde pourtant quelques reliques que je prends encore plaisir à feuilleter. Des livres qui ont résisté au temps, aux études, aux analyses.

Et après tant d’années sans véritable goût pour la lecture, voilà que l’aboutissement de mon écriture éveille doucement quelque chose que je pensais avoir perdu. L’envie de lire à nouveau.

Non plus seulement pour savoir. Mais pour repartir ailleurs.